Impacts et bénéfices de la pair-aidance Que dit la recherche ?

La pair-aidance est bien développée dans les pays anglo-saxons (USA, UK, Australie, Nouvelle-Zélande…) depuis plus de deux décennies. La notion de rétablissement y est inscrite dans les lignes politiques, voire les législations.

En Belgique francophone, la voix des usagers est au cœur de plusieurs mouvements d’importance telle la réforme 107. Toutefois, les concepts de rétablissement et de pair-aidance n’ont pas encore percolé. Certains s’interrogent encore sur l’opportunité de développer ces approches qui ont pourtant fait leurs preuves et sont reconnues comme des pratiques basées sur les faits .

Il semble que les pratiques répandues dans le monde anglo-saxon soient encore mal connues chez nous. Elles ont fait l’objet de nombreuses études et publications scientifiques quant à leur impact. Bien qu’elles présentent des différences importantes sur le plan des programmes évalués, une chose est certaine : elles démontrent la valeur du soutien par les pairs.

Dans son module “One-to-one peer support by and for people with lived experience”[1], l’OMS reconnait les apports qualitatifs et quantitatifs de la pair-aidance[2].

La pair-aidance apporte des bénéfices à la personne qui vit une situation de souffrance et pour les pairs-aidants eux-mêmes. Pour les personnes en rétablissement, les avantages clés de la pair-aidance sont une meilleure utilisation des services d’accompagnement et de soins, une alliance thérapeutique renforcée, de l’empowerment, un développement personnel, l’espoir d’un rétablissement et une réduction des admissions à l’hôpital.

OMS

En transformant leur histoire de la souffrance pour la transformer en un savoir et une ressource, les pairs-aidants en tire également des avantages : meilleure de l’estime de soi, de sentiment de sens dans leurs projets et leur vie, amélioration de leur bien être psychologique, inclusion sociale facilitée et acquisition de compétences dans les relations interpersonnelles et le milieu du travail.

Pour les services d’accompagnement et de soin, le travail avec un pair-aidant améliore leur capacité à rencontrer les besoins des personnes en rétablissement à travers une relation renforcée.

Pour le système de santé, la pair-aidance génère des réductions de coûts grâce à un nombre d’hospitalisations réduit et une diminution de la durée de celles-ci.

En conclusion, la pair-aidance a pu être étudiée par les personnes en rétablissement, les services et institutions et les pairs-aidants eux-mêmes. Il est ressort que la pair-aidance est faisable, acceptable et bénéficie à toutes les parties.

OMS

Le document que j’ai compilé a pour objectif de présenter quelques résultats afin de renforcer la légitimité de la pair-aidance dans les contextes de soin et d’accompagnement et faire progresser le débat quant à son inclusion dans le système et son financement.

Il est maintenant nécessaire que des chercheurs s’emparent de la question et y apporte une réponse qui corresponde au contexte francophone.


[1] WHO QualityRights guidance module : One-to-one peer support by and for people with lived experience http://www.who.int/mental_health/policy/quality_rights/en/

[2] Traduction en français par Stéphane WAHA

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